Dimanche dernier, nous sommes allées dans un grand magasin de meubles et objets pour la maison dont je ne citerai pas le nom pour ne pas lui faire de pub. C'est un magasin dont les noms des produits vous donnent l'impression d'être en vacances dans un pays étranger ou de participer à une expédition viking, c'est peut-être le concept: le dépaysement...Moi qui viens d'une région où les saints lieux de la consommation (dixit l'Eglise de la Très Sainte Consommation) sont fermés le dimanche, je rechigne toujours à m'y rendre le jour du Seigneur, mais il faut faire des concessions qu'on m'a dit dans un couple, donc j'ai accepté. Au moment des caisses, C. a dit: "C'est fini, on ne viendra plus le dimanche" et mon cri de victoire a résonné dans le grand hall du temple. Car ce fut une mauvaise expérience: bondé, désordonné, vidé, le magasin n'a pas tenu ses promesses et nous n'avons pas pu acheter les objets que nous convoitions: des serre-livres et un oreiller. Les autres gens, quant à eux, avaient trouvé leur bonheur: les caddies à ras bord et les files interminables aux caisses en témoignaient. Une légère nausée m'a prise, C. avait le regard vide. Toute cette consommation semblait ne rimer à rien et je m'en voulais d'avoir eu envie d'un objet qui permettrait aux livres des étagères de ne plus chuter à chaque fois que je veux en rajouter un. J'ai proposé: et si on faisait une pause consommatrice pendant un mois, et si pendant un mois on n'achetait aucun objet, aucun vêtement, rien d'autre que de la nourriture? C. a dit : tope-là. Voilà, on a notre petit défi, rien à voir bien sûr avec le "No impact man" de Colin Beavan, mais on n'a pas non plus décidé d'en faire un livre. Peut-être que ça m'ait déjà arrivé de ne pas acheter d'objets pendant un mois mais honnêtement, pas souvent et je suis sûre que c'est le cas de la plupart des gens. Quand j'ai déménagé, j'ai jeté, vendu, donné, une quantité astronomique de choses...depuis, j'achète moins.